1. De quand date ta passion pour l’astronomie?
Depuis que je suis tout petit (:o)))
Le plus lointain souvenir que j'ai pu
reconstituer remonte à l'âge de mes huit ans.
2.Quel a été le déclencheur?
En fait, je ne me rappelle plus très bien quel a été cet élément déclencheur, mais je sais que ma marraine m'a
offert un livre d'astronomie pour mon noël 1984 qui a joué un énorme rôle.
C'était un livre
général intitulé "Guide de l'Astronomie" écrit par James Muirden et publié chez France Loisirs. Je le possède toujours et le conserve religieusement.
On m'a aussi offert le Noël suivant un coffret de jeu scientifique sur l'astronomie, avec une petite lunette 100% en plastique,
mais avec laquelle j'ai pu observer mes premiers objets.
3.Comment as tu débuté?
J'ai longtemps observé avec une petite longue-vue terrestre, durant de nombreuses années. En même
temps, je me plongeais dans les livres d'astronomie ainsi que les revues que je pouvais m'acheter avec mon petit argent de poche (Éclipse, Ciel & Espace,
Astronomie Magazine et surtout Astro-Ciel de Pierre Bourge).
Dès que j'ai pu commencer
à toucher mes premiers salaires, j'ai acquis un petit 115/1000 qui m'a définitivement plongé dans le domaine de l'astronomie amateur. C'était en 2001,
déjà…
4.Dans un club?
Non, tout seul.
Ce
n'est qu'en 2002, que j'ai rejoint le club d'astronomie Agnès et Pierre Bourge, au sein de la MJC de ma commune. J'y ai appris de nombreuses choses, et me suis fait de nombreux amis, dont
principalement une qui a joué un rôle important dans mon épanouissement astronomique. Elle m'a présenté d'autres personnes, d'autres clubs et depuis, j'ai fait mon petit bonhomme de chemin
(:o)))
5.Quel matos avais tu?
En plus du petit 115 que j'ai mentionné plus haut, j'ai acquis en 2002 un schmidt-newton Meade LXD55 de 254 mm. Le 115 m'avait procuré énormément de satisfaction, mais j'étais vite frustré de ne pouvoir en voir plus. Avec le LXD55, j'ai pu découvrir un nouveau monde, aussi bien en planétaire qu'en ciel profond.
6.Quel est ton CV (cursus) en astronomie?
Ça va être dur de résumer (:o)))
Comme je le disais déjà plus haut, je m'intéresse à l'astronomie depuis mes huit ans et n'ai commencé à pratiquer vraiment qu'en
2001.
En septembre 2002, je reçois le télescope de 254 mm sur monture à pointage automatique.
C'est une révolution pour moi, même si je suis plutôt un vieux de la vieille et préfère chercher les objets à l'aide d'un chercheur et d'un bon atlas papier. Durant un an, je découvre mes
premières galaxies en visuel, de nombreux détails sur la Lune et les surface planétaires. C'est aussi avec cet instrument que je débute vraiment en imagerie avec une bonne vieille webcam Vesta
Pro, la référence à l'époque.
Juste après la mémorable opposition de Mars en 2003, j'achète d'occasion un maksutov de 150 mm, idéalement optimisé pour l'observation de la Lune et des planètes. L'optique est remarquable et les observations sont magiques (aaahhh, Saturne…).
2004 fut une année faste pour moi : je rencontre Pierre Bourge lors des rencontres Euroastro, je monte pour la première fois au Pic du Midi (un rêve de gosse…), et en décembre, j'achète un filtre Coronado pour observer le Soleil en Halpha. J'ai toujours rêvé de voir les flammes du Soleil…
En 2006, je suis formé à la manipulation du T60, un des télescopes du Pic du Midi, qui est mis à disposition des astronomes amateurs. Je complète aussi mes instruments avec une lunette 80ED pour la photo du ciel profond à grand champ, et une autre lunette de 120 mm pour l'observation du Soleil à haute résolution. Parallèlement à ça, mes progrès en imagerie font des bonds énormes, notamment grâce à l'aide et au soutien d'autres astronomes amateurs rencontrés au gré des listes de diffusion sur internet, dont certains sont devenus de très bons amis.
Dernièrement, je me suis lancé dans l'imagerie du ciel profond avec une caméra CCD, seul moyen de pouvoir faire des images sous mon ciel pollué par la lumière artificielle des villes.
Et pour ne pas laisser l'observation visuelle de côté, j'utilise aussi un dobson de 300 mm, qui me permet
d'observer très rapidement après installation du matos, et à peu prêt n'importe où…
7.Quand et surtout pourquoi es tu passé du visuel à la photo?
J'ai acheté ma première webcam peu de temps après mon 115, car c'était les fins de stock de la Vesta Pro… Mes débuts furent laborieux, mais mes progrès furent constants.
Depuis j'ai imagé avec un peu de tout : webcams modifiées ou non, caméras vidéos (DMK), appareils photos numériques compact et réflex, caméra CCD, et même un peu d'argentique avec un boîtier Zenit et OM1.
Pourquoi je suis passé du visuel à la photo ??? Tout simplement pour garder une trace de mes observations, et montrer à tout le monde les choses qui m'émerveille et m'enthousiasme.
Mon but n'est pas de faire l'image du siècle, mais simplement de m'éclater dans ma passion (:o)))
8.Combien de temps passes-tu dans l’exercice de ta passion? environ (par semaine, en moyenne)?
Ouh là, dure question aussi… Difficile à dire…
J'observe dès que le beau temps et mon boulôt me le permettent. C'est parfois difficile
mais avec un peu d'organisation, tout est possible.
Pour les traitements informatiques des images,
c'est différent. J'essaie de travailler par plages pour éviter la saturation. Cela m'est arrivé pour le transit de Vénus : j'ai engrangé énormément de films
et clichés bruts dont j'ai passé 9h par jour durant 3 jours à faire le traitement. Cela m'a dégoûté de l'imagerie durant un bon mois… Il faut trouver le juste équilibre.
C'est en partie pour ça que j'ai encore des données brutes à traiter qui datent de… l'année dernière (:o)))
Sinon, je passe aussi pas mal de temps chaque jour à correspondre par mails avec mes copains astronomes.
9.Quels sont tes références dans le milieu de l’astrophotographie?
Comme je touche à tous les domaines de l'imagerie, forcément, il y en a
beaucoup (:o)))
En planétaire, j'admire les photos de Thierry Legault et de Damian Peach.
En ciel profond, ce sont surtout les images CCD de Nicolas Outters, d'Éric Mouquet, de Laurent Bernasconi, Robert Gendler mais aussi les images à l'APN de mon ami
Jérôme Rudelle.
En imagerie solaire, ce sont principalement celles de mon ami Jean-Louis Badin, les images de granulation d'Olivier Grattepanche, mais aussi les "vieilles" images argentiques de Pierre Bourge, Jean Dragesco, Daniel Lachaud. Et surtout le film "Flammes du
Soleil", dont les images ont été faites par Bernard Lyot avec le coronographe qu'il avait installé au Pic du Midi.
10.Avec quel matériel effectues-tu tes images (matos astro et photo)?
Je vais détailler par type d'observation.
- Pour le planétaire et lunaire : le maksutov Intes MK66.
- Pour le Soleil : une lunette 70/900 sur lequel j'installe le filtre Halpha pour les protubérances et explosions solaires, une autre lunette de 120 mm pour la lumière blanche avec un hélioscope d'Herschel.
- Pour le ciel profond : mon télescope de 254 mm pour les petits objets, et ma lunette 80ED pour l'imagerie grand champ. Et je viens juste de recevoir la petite dernière, une lunette Megrez 72 FD pour l'ultra grand champ avec la caméra CCD.
Pour tout ça, j'utilisais des webcams normales et modifiées, que j'ai remplacé depuis par une caméra DMK Firewire avec capteur noir et blanc, une DBK avec capteur couleur.
Pour le ciel profond, j'utilise un reflex numérique 350D (non défiltré pour le moment) et principalement une caméra CCD Sbig ST2000 XM.
En solaire, j'utilise toujours mon petit Nikon Coolpix 4300, le seul capable d'enregistrer le Soleil en entier sur son capteur.
11.Quel logiciel de traitement utilises-tu?
En planétaire, Iris et Registax et en ciel profond, DeepSky
Stacker.
Pour les finitions et traitements
finaux, j'utilise Photoshop.
12. Quels sont tes plus beaux souvenirs d’astronome amateur?
Il y en a énormément, mais certains reviennent plus que d'autres :
- l'occultation de Saturne par la Lune en novembre 2001, magique dans mon petit 115.
- la première fois que j'ai observé les bras spiraux de M51 la galaxie des Chiens de Chasse, dans mon télescope de 254 mm.
- la vision de Saturne avec une tête binoculaire.
- ma première montée au Pic du Midi.
- ma rencontre avec Pierre Bourge, grand bonhomme de l'astronomie amateur.
13.Quels sont tes plus beaux clichés?
Difficile à dire…
J'aime bien mes vues globales du Soleil faites avec mon petit Coolpix
4300.
Saturne une fois où les conditions de turbulence
étaient calmes et où j'ai pu poussé le mak à un F/D de 60 !!!
Certains gros plans
de la Lune…
Et mes dernières images en ciel profond avec la CCD.
14. Celui que tu aimerais faire?
Aucune idée… Il y a tellement de choses que je rêve de
photographier.
Une vie entière n'y suffira pas…
(:o)))
15. Tes objectifs futurs dans le milieu de l’astronomie?
J'en ai qu'un principalement pour le moment : la construction d'un observatoire où je pourrais enfin profiter pleinement de mes instruments !!!!!
Sinon, découvrir le ciel austral, continuer à améliorer la qualité de mes images même si ce n'est pas mon but principal…
Et changer mon maksutov contre un télescope planétaire de plus gros diamètre (un C9 pour commencer, et un C11 quand l'observatoire sera fait).
16. Les conseils que tu donnerais à un débutant qui voudrait se lancer dans la photo-astro ? ?
Commencer d'abord par quelques choses de simple : la Lune avec une webcam. Cela permettra de se faire la main avec les logiciels et les différents types de traitements.
Puis passer au Soleil et aux planètes, toujours à la webcam.
Ensuite, avec la démocratisation et la baisse du coût des réflex numériques, passer au ciel profond d'abord en faisant de la photo grand champ en parallèle (guidée manuellement ou autoguidage), puis passer à la photo au foyer.
Les étapes seront longues et il faudra être patient.
Il ne faut pas hésiter à se faire aider en envoyant ses images sur les listes et forums internet, et ne pas avoir peur de la critique. Même si celles-ci sont ratées. Il y a toujours un enseignement à en tirer…
Mais surtout, il faut se faire plaisir avant tout.
17.Ton rêve le plus fou?
Euh, je ne sais pas (:o))))
Pour le moment, c'est l'observatoire qui me trotte dans la tête…
Ah si, aller voir les plus gros télescopes du monde au
Chili.
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